Je me souviens des fois où passait à l'écran le professeur Olivenstein. Il n'avait pas l'air d'un savant fou, il était un savant fou.
J'étais trop petit pour comprendre tout ce que son neveu vient de poser en nécrologie dans le Nouvel Obs. Mais ado, j'avais capté la porte ouverte en ce discours. Le regard autre sur les échoués de nos temps. L'amour en fait. Ouais, comme celui de la Bible.
Dans mes années punk bourgeoises, ses positions ineptes sur le dopage enthousiasmaient les déviants qui s'imaginaient en nous. On fumait nos premiers pètes, on n'avait pas lu une ligne de ses oeuvres, mais on écrivait "Olivenstein président" à la bombe sur les murs.
Je crois que ce type était un rocker.
Aujourd'hui les habitants du travers sont au rebut d'une société foutue en l'air au sein de laquelle on nous assomme pourtant de filer droit.
Alors pour nous faire croire que non, on nous invente des diversités, pour mieux nous imposer le droit de compresser ta raaaaaaaace au même moule.
Je croirai à la volonté des gouvernants de tolérer les minorités, quand on imposera à l'éducation nationale d'embaucher des ex taulards, quand on obligera les entreprises du CAC 40 à engager des obèses aux postes de commerciaux, quand les toxicomanes pourront aller chercher leur dose au commissariat, quand on imposera des transexuels au 20 heures de TF1 et aux commandements des forces armées.
Quand notre cinoche sans frontières aura retrouvé des nouvelles d'Hubert Kundé.
Quand on aura un peu plus de respect pour les bonasses d'Infosport et les pédophiles assassins.
En fait, je ne sais pas comment le citer, mais je trouve que le brillant papier de Virginie Despentes dans le R&F de Noël parle un peu de tout ça aussi...
Là je viens de terminer "Vie et mort de Marco Pantani", histoire d'un homme insulté par l'histoire, mort noyé sous les crachats, vivant reclus dans des chambres d'hôtels minables malgré la fortune, écrivant par jet foudroyant sa souffrance; sur les draps de son lit ou sur les pages de son passeport. Mort d'avoir été trop beau, trop fort, dans une époque vivant sur son dos, sur son coeur. Flics pourris et fans de merde : lui aussi c'était un rocker.
Une rock star trop brillante dans une époque de triomphants sans âme, sacrés au sang des autres. Dans une époque de loosers merdiques et aigris sur les ruines desquels les premiers ont bâti leur empire de salauds.
Les deux camps, chez nous, s'étant finalement trouvés d'accord pour élire le même président.
....
J'avais connu Vanessa quand elle était stagiaire à M6 interactions. J'ai pas souvenir de l'avoir vu sans rigoler. On se faisait des accolades, je répondais à ces mails promo pour des singles plus pourris les uns que les autres, par des conneries souriantes.
Ce soir j'avais réussi à pas trop chialer en matant ce sommet de pathos qu'est "Pour l'amour d'une femme" avec Meg Ryan et Andy Garcia, qui me baise la gueule à chaque rediff.
Puis la B.O a joué "Everybody Hurts" et j'ai écrit tout ça.
Bises à toujours Vaness'.
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